La France de demain
 
Agrandir / réduire l'article
Sécurité sociale

La consultation coûtera 22 euros à partir du 1er juillet 2007

Grâce à F. Bayrou, la dette de l'état est devenue un sujet de la campagne présidentielle. Un des problèmes lié à cette dette est le sempiternel trou de la sécurité sociale. A l'heure où les honoraires des médecins va passer à 22 euros, faisons le point sur la santé de notre sécurité sociale depuis 2002 et sur l'avenir qu'on lui réserve.

Du côté des médecins

En quatre ans, depuis la grève des gardes menée par les praticiens libéraux avant l'élection présidentielle de 2002, la consultation des généralistes est passée de 17,53 à 21 euros, la visite à domicile de 22 à 31 euros et la consultation de nombreux spécialistes de 23 à 27 euros. En contrepartie de cette augmentation, la prescription de médicaments génériques devait devenir la règle. Mais aucune mesure n'a été prise pour contrôler les médecins qui pour certains sont loins de jouer le jeu.

Les cotisations sociales

Dans son programme, Nicolas Sarkozy proposait de rémunérer les heures supplémentaires 25 % de plus que les heures normales du contrat de travail. Une proposition applicable, après adoption par le Parlement, quelle que soit la taille de l’entreprise. Ces heures supplémentaires seront exonérées de toutes charges fiscales et sociales afin d’être plus intéressantes pour les salariés, sans coûter davantage aux entreprises. Mais que payent les charges sociales? Voilà une mesure qui ne va certe pas aider à renflouer les comptes de la sécurité sociale.

Du côté des patients

Pour compenser l’effet de cette augmentation, une franchise de un euro par consultation a été mise en place. Des médicaments ne sont plus remboursés. Des mesures ont également été prises pour rendre plus difficile l’accès à la CMU. « L'année 2005 confirme un très fort recul de l'accès aux soins. C'est dû essentiellement à l'application des différentes mesures votées ces dernières années pour limiter le nombre de bénéficiaires effectifs de la Couverture maladie universelle et de l'Aide Médicale Etat » d’après médecin du monde. Les plus démunis ont accès à « une couverture vaccinale très faible et un mauvais taux de dépistage, pour des patients présentant pourtant des facteurs de risque ».

http://www.liberation.fr/actualite/societe/210948.FR.php

L'avenir ?

En dehors du fait que l'accès aux soins devient de plus en plus un luxe, que la sécurité sociale entre dans un gouffre toujours plus profond, n’y a-t-il pas de risques sanitaires pour l’ensemble de la population française à continuer dans cette voie ? Des risques peut-être plus important que les hypothétiques dangers des OGM ?

 
Evaluez ce billet en lui donnant une note sur 5 : Vous pouvez aussi nous soutenir sur Wikio
Note : 3.5/5 pour 6 votes
 
Envoyer à un ami
‹ retour à l'accueil
Commentaires
1.   Damien B  ›  vendredi 18 mai 2007 à 11:53

Autant je partage tout à fait le fond de l'analyse, autant j'ai du mal à critiquer l'augmentation des honoraires des médecins généralistes. Je m'explique.

On a de plus en plus de mal à former des médecins généralistes en France, surtout à destination de certaines régions rurale. L'instauration de quota n'est pas une solution en soit : certains étudiants préfèrent redoubler une année de fac pour pouvoir ensuite suivre une spécialisation "plus enrichissante" (dans le sens financier surtout) plutôt que de se voir imposer le choix de la filière généraliste.
Pourquoi ? Parce que être généraliste à la campagne, c'est bien autre chose qu'être dermato (je n'ai rien contre eux !) en ville : beaucoup de déplacements, moins de clientèle et au final plus d'heures de travail pour moins de revenus.

Bref, je pense que la pénurie de généraliste doit être combattu sur tous les fronts :
- Augmentation des avantages à être généraliste : aides financières à l'installation, de meilleurs revenus pour ceux qui sont en milieu rural, etc.
- Des quotas plus drastique (le numerus closus) avec pourquoi pas des contraintes sur les régions et/ou les redoublements d'étudiants
- Ne pas survaloriser certaines spécialités : l'augmentation de la consultation a été plus importante chez les spécialistes que chez les généralistes.

Je trouve également scandaleux que chez certains spécialistes, si on accepte de payer plus, et bien sûr de rester rembourser sur la même base, on obtienne des rendez vous plus rapidement. C'est clairement une médecine à deux vitesses, une véritable transformation de médecine en un modèle anglo saxon :(

 
2.   Damien L  ›  lundi 21 mai 2007 à 03:19
Une question se pose suite à ta remarque : pourquoi les enseignants, payés par l'état, et dont le niveau de formation est de plus en plus élevé n'ont pas vu leurs salaires revalorisés? Qui plus est, l'obtention du CAPES offre toujours ou presque des postes en Ile de France que personne ne veut. Il faut alors à l'enseignant gagner des points pour pouvoir excercer ailleurs. Ceux qui veulent devenir enseignants doivent être de plus en plus courageux pourquoi les médecins ne le seraient pas? Après tout, les enseignants et les médecins sont payés directement ou indirectement par l'état. Pour moi, augmenter les salaires n'est pas la seule solution à la pénurie de médecins en zone rurale, mais il faut peut être aussi contraindre plus fortement ceux-ci. Faire de la médecine générale une spécialisation (objectif 23 euros la consultation de base) ne va faire qu'augmenter le déficit de la sécurité sociale et ne remplira pas les zones désertées par les médecins.
 
3.   Damien B  ›  lundi 21 mai 2007 à 19:05

Ce que tu proposes est parfait s'il y a assez de médecins généralistes formés, assez d'étudiants qui suivent cette voie.
Mais vu que j'ai souvent entendu dire (je ne sais pas si c'est vrai) que le problème vient du fait qu'à la fac de nombreux étudiants préfèrent se tourner vers d'autres spécialisations, ca me parait dur de ne jouer que du bâton, mais si je pense que de fortes contraintes devraient être imposées.

Le trou de la sécu est un problème, certes, mais est ce que la solution est de baisser les dépenses au risque de baisser la qualité de nos soins et notre médecine (après tout, on est un des pays au monde où on vit le plus vieux), ou est ce qu'il ne serait pas plus intéressant de trouver des financements autres ?

Pour moi, dépenser beaucoup pour la santé n'est pas un problème, mais au contraire un signe de développement. Les pays qui dépensent le moins sont souvent ceux qui ont le plus de problèmes sanitaires.

Je ne dis pas qu'il faut faire du gâchis, loin de là (vive les génériques et les déremboursement des médicaments inefficaces), mais je pense que se centrer sur les économies à tout prix n'est pas forcement une bonne solution. Il suffit de regarder le système de santé anglais post-tatcher ou américain pour se convaincre que le tout capitaliste, le tout privé, c'est pas une bonne solution pour la santé.

 
4.   Damien B  ›  mercredi 23 mai 2007 à 13:56

Un comité contre la franchise que veut instaurer Nicolas Sarkozy a été créé :

www.appelcontrelafranchis...

 
5.   Damien B  ›  mercredi 23 mai 2007 à 13:57

Leur argumentaire :

Franchise = Régression sociale : Dans son principe même une franchise d’un montant identique pour tous « pèsera » différemment selon les revenus. C’est la fin d’un système d’assurance maladie solidaire dans lequel chacun cotise selon son revenu et qui protège, équitablement, les individus en bonne santé et les malades. On quitte la logique de la solidarité pour celle de l’assurance privée.

Franchise = Menace sur l’accès aux soins des plus modestes :Dans une France où vivent plus de 3 millions de chômeurs et 7 millions de « travailleurs pauvres », 100 € de soins de santé non remboursés ce n’est pas rien… Et ce sont eux qui seront les premières victimes de la franchise si jamais elle voit le jour. La franchise, c’est la remise en cause de ce progrès social et sanitaire évident qu’avait été la création de la CMU.

Franchise = Menace sur l’accès aux soins primaires et la santé publique : Pour les « gros consommateurs », c'est-à-dire les patients atteints de maladies lourdes, il n’y aura pas le choix : il faudra payer. Mais au-dessus du montant de la franchise, ce sera sinon gratuit du moins «comme avant ».
La cible de cette mesure ce sont surtout les petits ou moyens consommateurs qu’il faut dissuader de se faire soigner pour des maladies apparemment moins sévères (celles qui, non soignées, peuvent justement s’aggraver) et bien évidemment pour les actes de prévention que l’on croit toujours pouvoir « reporter » à plus tard. L’inverse d’une politique cohérente de santé publique.

Franchise = Remise en cause du « tiers payant » : Les professionnels de santé ne pouvant savoir si le montant de la franchise a, ou non, déjà été acquitté, les patients devront systématiquement faire intégralement « l’avance de frais ». Ce qui constituerait un obstacle supplémentaire à l’accès aux soins des plus modestes.

Franchise = Porte ouverte à l’escalade : Nicolas Sarkozy ne s’en est pas caché, cette franchise sera « modulable » c'est-à-direque « si les dépenses augmentent et si le déficit augmente on pourrait augmenter le montant », et comme les dépenses augmenteront, inéluctablement, la franchise augmentera, non moins inéluctablement, et avec elle augmentera la gravité de ses effets pervers.

www.appelcontrelafranchis...

 
6.   Damien B  ›  lundi 28 mai 2007 à 11:11

61% des français seraient contre la mise en place d'une franchie.

Source : NouvelObs

On y apprend aussi que le montant de la franchise serait de 10 euros par foyer.

Ce sujet fait débat dans le gouvernement. En effet Martin Hirsch, nouveau Haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, s'est montré très critique sur le sujet.

Est-ce un premier début de faille dans la belle unité gouvernementale ?

 
7.   Damien B  ›  lundi 28 mai 2007 à 23:40

Vu sur le site du Monde :

"RESPONSABILISATION DES PATIENTS"

En ce qui concerne les franchises médicales – sommes non remboursées, laissées à la charge de l'assuré –, Mme Bachelot a confirmé qu'elles seront au nombre de quatre : sur les visites médicales, les examens biologiques, les achats de médicaments et l'hospitalisation.

Leur montant sera de 10 euros pour chaque secteur, par foyer, a précisé Mme Bachelot, selon qui "il ne faut pas envisager ces franchises sous l'angle d'un rationnement des soins mais sous celui d'une responsabilisation des patients".

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-915606@51-915608,0.html

J'aime bien la notion de responsabilisation des patients. Je veux bien croire qu'il y ai des abus et même des très gros, mais il ne faut pas exagérer. A qui profite la multiplication de médicaments ? A qui profite les médicaments chers ?

De plus, pour moi, un pays qui dépense bcp dans la santé est un pays qui soigne ses malades. Nous sommes un des pays avec les plus grosses dépenses de santé et bizarrement avec une des plus longues durées de vie. Hasard ? Coïncidence ? J'en doute...

 
‹ retour à l'accueil
Trackbacks

Les trackbacks pour ce billet sont fermés.

 
Ajouter un commentaire

Les commentaires pour ce billet sont fermés.

 
‹ retour à l'accueil
 
 
 
http://www.wikio.fr/a_la_une BlogueParade.com - Annuaire des Blogues francophones meilleur site politique