Suite aux consultations menées par Nicolas Sarkozy et Alain Juppé en ce début de semaine à propos de la préparation du Grenelle de l'environnement, les organisations écologistes sont globalement contentes que des discussions concrètes s'ouvrent enfin de manière sérieuse sur les problèmes environnementaux.

Les ONG présentes aux discutions préliminaires étaient la Fondation Hulot, le WWF, Greenpeace, la LPO, France-Nature-Environnement, Ecologie sans frontière et le réseau Action Climat.
Ces discussions ont fixé le principe d'une conférence en octobre qui aura lieu entre ces associations, le gouvernement et les syndicats patronaux et ouvriers. Selon Alain Juppé, cette conférence ne doit pas être une séance de plus de discussion autour de l'état de la planète, mais une vraie séance de travail pour arriver à des propositions concrètes. Pour Nicolas Sarkozy, "le Grenelle de l'environnement sera un contrat entre l'Etat, les collectivités territoriales, les syndicats, les entreprises et les associations. [il veut] que ce contrat engage les responsables."

Nicolas Hulot :

Nous avons dépassionné le débat

Allain Bougrain-Dubourg (président de la Ligue de protection des oiseaux) :

Je suis rassuré d'avoir pu parler sans tabou. C'est une réunion historique.

Cependant, les ONG veulent pouvoir discuter de tout, mais elles se heurtent pour l'instant à un veto du gouvernement sur des sujets comme le nucléaire, les autoroutes, les incinérateurs d'ordures ménagères. Espérons pour tout le monde que le gouvernement comme les ONG sachent lâcher un peu de leste.

Ceci fait dire à Yannick Jadot, Greenpeace France, que s'il est satisfait par la tenue de ce Grenelle de l'environnement, il n'a « pas satisfaction sur les sujets comme l'EPR, les autoroutes, les incinérateurs d'ordures ménagères. Nicolas Sarkozy ne veut pas revenir dessus alors que ce sont des sujets indispensables si on veut faire face à l'urgence écologique ».
De même, le WWF se réjouit qu'Alain Jupé soit a priori pour l'interdiction des OGM en plein champ et qu'il ait une grande autorité, mais réclame que chaque fois que l'Etat investit 1 euro dans le nucléaire, qu'il y ait un investissement équivalent de 1 euro dans la recherche sur les énergies renouvelables.

Il ne reste plus qu'à espérer que le gouvernement reste sur cette ligne et qu'il ne s'agit pas uniquement de manoeuvres électorales qui visent à attirer le sympathisant écologiste dans les mailles du filet UMP. En effet, on se souvient que le programme de campagne de Nicolas Sarkozy sur l'environnement était particulièrement mal noté : 8,5/20 !!! (cf. mon précédent billet).

Mais ne soyons pas médisants et essayons de donner une chance au gouvernement sur ces sujets. Il tiendra peut être plus parole là-dessus que sur d'autres sujets (rappelez vous). Il conviendra par contre de rester vigilant sur ces sujets.

Juste pour l'anecdote, le terme Grenelle de ... est utilisé pour désigner tous les accords entre partenaires sociaux depuis mai 1968. En effet, ce sont les accords datant du 25 et 26 mai 1968 qui ont mis fin à l'agitation sociale qui régnait alors. Ils ont été signés au ministère du travail située rue de Grenelle à Paris. Ce terme, né sous mai 1968 et référence pour beaucoup de grévistes d'alors, a été donné par Nicolas Sarkozy lui-même. C'est très amusant car c'est ce même Nicolas Sarkozy qui nous a promis de liquider mai 1968 !!!

Pour aller plus loin :
Les associations environnementales sont satisfaites de la réunion de l'Elysée (Le Monde)
Sarkozy prépare son "Grenelle de l'environnement" (Marianne)
Sarkozy et Juppé marquent des points auprès des écologistes (l'Express)
Nicolas Sarkozy lance le Grenelle de l'environnement pour contrer les excès du progrès
Juppé relance la polémique sur le réacteur EPR (Plusnews)
Deux petites informations sur le réchauffement climatique
Les accords de Grenelle de mai 1968 (Wikipedia)