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Sarkozy en campagne électorale au Medef

Sarkozy vient de déclarer aux universités d'été du Medef qu'il voulait rassembler la "nation" derrière "ses entreprises".

Petite réflexion à deux francs six sous :

  1. Revenons sur les objectifs de base de toute entreprise : faire du bénéfice.
  2. A qui va le bénéfice ? Aux propriétaires de la dite entreprise.
  3. Sarkozy affirme que le but premier de la nation est de soutenir ses entreprises
  4. Donc la mission de tous les français est de soutenir les propriétaires de sociétés.

Cela ne me parait pas forcement être le but premier d'un pays (même si cela est évidement nécessaire). Je pensais naïvement que l'objectif de l'Etat, de la nation était le bien de ses concitoyens.

Vous trouverez un compte rendu de l'ensemble du discours ici : "Sarkozy veut "rassembler" la Nation derrière ses entreprises" (Le Nouvel Observateur, 30/08/2007)

En lisant le compte rendu de ce discours, j'ai l'impression qu'il nous a fait un discours de campagne devant des militants UMP. Il n'y a que des grands objectifs, mais rien de concret, aucune mesure. Je trouve que c'est un discours très démagogique.

Enfin, j'exagère, il a fait un joli plaidoyer contre l'ouverture du marché de l'énergie à la concurrence :

- Le coût de l'énergie.-
"Je n'accepterai pas qu'au nom d'une fausse conception de la concurrence, les tarifs de l'électricité et du gaz augmentent plus vite que les coûts", a-t-il lancé. "Nous n'avons pas fait tant d'efforts, tant d'investissements, pour aligner nos prix sur nos concurrents européens les moins performants, en pénalisant le pouvoir d'achat des Français et la compétitivité des entreprises de France", a-t-il poursuivi sous les applaudissements. Selon Nicolas Sarkozy, "ce n'est pas la peine d'avoir l'énergie nucléaire dans la production d'électricité en France pour qu'on vienne nous expliquer que maintenant, il faut que les entreprises payent plus cher et les consommateurs payent plus cher parce que le prix du Brent et du baril de pétrole augmente". "Si on a le nucléaire, on a les avantages du nucléaire et pas tous les inconvénients du pétrole", a-t-il ajouté.

Je me trompe où c'est son parti politique et l'ancien gouvernement dont il était le numéro 2 qui a fait cette mise en concurrence ??? Il était d'ailleurs ministre des finances à ce moment là, c'est lui qui a traité directement ce dossier !!! 8-O
Et ne venez pas me dire que cela vient de l'Europe, les directives européenne correspondantes à ce sujet ont été approuvées par les gouvernements - de droite - français de l'époque en 1996 et 2003.

J'ai à peine envie de parler de son passage sur le pouvoir d'achat qui serait la faute de l'euro. Il n'y a pas à dire, on est pas doué en France. Nos voisins espagnols et allemands font mieux que nous avec la même monnaie. Pitoyable, on se croirait dans une cours d'école : "c'est pas ma faute madame, c'est à cause de lui"[1].

Autre passage mémorable : la "dépénalisation" du droit des affaires et la suppression de la dénonciation anonyme au fisc.

En résumé, pour les petits délinquants, on instaure des peines plancher pour être sûr qu'ils aillent bien en prison, mais pour un "patron voyou" qui tape allègrement dans la caisse, on ne dit rien ???
Sur le principe des dénonciations anonymes au fisc, si je ne trouve pas ça joli joli dans l'absolu, pourquoi ne pas l'appliquer partout ? Trouveriez-vous normal que la police ne se déplace pas quand ils reçoivent un coup de fil anonyme dénonçant, par exemple, un voisin en train de tabasser sa femme ? Pourquoi en serait-il autrement pour les personnes qui vole le fisc, c'est à dire l'ensemble des français ???

Allez, pour essayer de ne pas trop m'énerver à cette heure là (c'est un coup à ne pas trouver le sommeil), je trouve que sa proposition pour tenter de limiter les effets pervers des marges arrière peut avoir du sens. Même si j'entends déjà les pleurs des grands groupes de distribution qui risquent de faire de la menace à l'emploi.

On nous avait promis un discours fort, relançant le train des réformes, le pays allait voir ce qu'il allait voir, l'économie allait bientôt s'envoler. J'ai l'impression que la montage a accouché d'une souris[2].

La suite de ce billet ici : Sarkozy en campagne électorale au Medef : suite

Notes

[1] Et qu'on ne vienne pas me dire qu'il faut lui laisser le temps de faire ses preuves : il était le chef du parti politique majoritaire à l'Assemblée nationnale de 2004 à 2007, ministre des finances en 2004, numéro deux du gouvernement de 2002 à 2007...

[2] N'y voyez aucune allusion à la taille de Sarkozy ;-)

 
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Commentaires
1.   Cédric  ›  vendredi 31 août 2007 à 16:57

Tout ça confirme mes doutes... Sarkozy veut être l'ami de "TOUS LES FRANCAIS" (leitmotiv répété à l'infini), mais ses yeux sont rivés sur le PNB et les profits du CAC 40. Il me semble que pour qu'une entreprise dégage de gros profits dans un monde si concurrentiel, il faut que tous les salariés bossent bien et à tous les niveaux (communication, gestion du personnel, marketing etc). Mais non, seuls quelques grands pontes touchent le jackpot et se font épingler une médaille sur le revers de la veste. Par contre, que l'entreprise aie des difficultés, et c'est toujours la faute des salariés, qu'on dégraisse à tout-va. Et pour eux, pas de golden parachutes évidemment ! Je précise que je suis plutôt à gauche, mais pas marxiste ! Je n'ose imaginer ce que ces derniers pensent...

 
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