Le premier ministre François Fillon essaye désespérément d'exister médiatiquement. Il a ainsi déclaré vendredi que la France était en faillite. Propos confirmés ce matin dans le Monde, qui font écho à ceux de Christine Lagarde qui parlait de rigueur.

En faillite ? Peut être... Mais à cause de qui et pourquoi en parle-t-on maintenant ?

Tout d'abord, le timing.

Il n'y a pas à dire, il est très bon : on parle de faillite de l'État français en même temps que celui de la réforme des régimes spéciaux de retraite.

Pour moi, je n'y vois pas une coïncidence mais au contraire une habile manœuvre politique : comment les syndicats pourront trouver grâce aux yeux des français si on leur dit que l'état ne peut plus payer les retraites de tout le monde. Ces mêmes syndicats risquent de passer pour des profiteurs d'un système en train de couler.

Personnellement, je ne suis pas spécialement contre l'alignement des retraites des régimes spéciaux sur ceux du public, mais à condition que cela ne soit pas à fait à hussarde sans concertation. Quand on enlève des avantages d'un côté, il est logique de les compenser de l'autre. Ainsi, en Italie, de nombreux fonctionnaires auront maintenant des contrats privés. Cela s'est fait avec des compensations salariales (plus de 100 euros net d'augmentation en moyenne). Pour moi, ce discours alarmiste du premier ministre a pour but d'éviter toute compensation pour les bénéficiaires des régimes spéciaux en tournant l'opinion dans le bon sens.

En faillite, oui mais alors, que penser des cadeaux de l'été ?

Deuxième point, on nous dit que la réforme des régimes spéciaux est obligatoire car ces régimes sont très déficitaires. Soit. Mais au final, tous les experts s'accordent pour dire que les montants qu'on pourrait économiser seront de l'ordre des 2 milliards d'euros.

N'y a-t-il que moi que cela choque qu'on engage un bras de fer social, qu'on montre du doigt d'une catégorie de salariés qui ont plutôt des salaires modeste pour "seulement" 2 milliards. Alors qu'il y a quelques mois, on a fait de très nombreux cadeaux fiscaux aux plus riches des français. Et pas qu'un petit peu : environ 15 milliards de cadeaux !

Pour résumer : on prend 2 milliards à des gens à revenu modeste pour en donner 15 aux plus riches tout en parlant de faillite et de rigueur. J'avoue que je suis perdu par la politique économique de notre gouvernement.

J'ai également peur que les prochaines annonces soit du même ordre : "il faut que tout le monde se serre la ceinture" va bientôt crier le premier ministre. Tout le monde ? Oui, enfin, tous ces profiteurs du systèmes, c'est à dire, aux yeux d'une certaines droite, tous les chômeurs, rmistes, malades et autres fonctionnaires ! Je suis curieux de voir s'ils vont envisager ne serait-ce qu'une seconde de revenir sur les cadeaux faits aux riches.

Il est quand même également bon de rappeler que l'actuelle majorité est au pouvoir depuis 2002. S'il y a faillite, c'est donc faillite de l'ensemble de la politique économique menée depuis 2002. Et qu'on ne me vienne pas me dire que Sarko n'y soit pour rien : il a été ministre de l'économie et des finances durant une grosse année sous Chirac ainsi que chef de l'UMP (UMP qui a voté tous les budgets qu'on lui a proposé).