Je tiens tout d'abord à couper court à toute attaque que je trouverais déplacée : non, je ne suis pas pour l'ouverture des frontières et pour une régularisation massive des sans papiers. J'ai conscience qu'on ne peut pas régler facilement ce problème en ne le traitant que par des bons sentiments. J'ai conscience également qu'un minimum de discernement et d'humanité dans l'accueil des immigrés ne serait pas un luxe.

Il est quand même bon de rappeler que la France se veut en théorie être une terre d'asile. Une terre d'asile, c'est un lieu qui vous accueille quand vous êtes menacé de mort dans votre propre pays à cause de vos opinions politiques, appartenance à une ethnie ou à une religion[1]. Bref, en France, on n'accepte pas que vous soyez massacré chez vous au nom des droits de l'homme. Enfin, en théorie...
Il est quand même bon de rappeler que des immigrés arrivant à Roissy ne sont pas animaux mais des êtres humains et que le minimum qu'on puisse faire est leur accorder un minimum de considération, de dignité et de droits.

Comme certains en avaient peur, il semble en effet que l'affaire des tests ADN proposée dans le cadre de la nouvelle loi sur l'immigration ait bien fait office de chiffon rouge (moi-même je m'en offusquais violemment et je ne reviens en rien sur mon opinion).

Alors, ce "piège" à étrangers, quel est-il ? Pour le savoir, je vous invite à lire le (long) billet de Maître Eolas sur le sujet : La nausée (Me Eolas, Journal d'un Avocat, 20/09/2007)

Je suis dans une colère noire. Il faut que je me retienne, tant les mots qui me viennent à l'esprit sont violents pour qualifier ce que les députés ont fait ce matin, à 2h10. Et quand je lis les mots qu'a eu le rapporteur de ce projet de loi, Monsieur le député Mariani, j'en ai des nausées.

Ha, tout le monde n'avait d'yeux que pour le test ADN, avec des belles formules à gauche, "les heures les plus sombres de notre histoire", la filiation est-elle seulement biologique, alors même que notre droit n'a jamais intégré cette notion.

Pendant que tout le monde dissertait doctement, l'assassin attendait son heure. Il portait un nom qui pourrait prêter à sourire : l'amendement 69. Et à l'heure où l'hémicycle se vide, après une suspension de séance qui est une invitation à ne pas revenir, il est revenu et a frappé...

La suite ici...

En complément et sur le même blog, Me Eolas pointe les projecteurs sur l'avis du "Défenseur des enfants" vis-à-vis de la loi relative à la maîtrise de l’immigration, à l’intégration et à l’asile.

Cet avis critique fortement de nombreux points de cette loi et indique qu'elle violerait par trois fois la Convention Internationale des Nations Unies sur les Droits de l'Enfant (CIDE) !!!

Heureusement pour nous, on peut dormir tranquille, le législateur n'a pas suivi les recommandations de cette autorité qu'il a lui même instituée en 2000 et qui a pour but de veiller au respect des droits des enfants. Grâce au zèle des députés, on ne va pas être envahi par des hordes affamées d'enfants qui veulent commettre le plus grand crime qui soit : rejoindre leurs parents pour tout simplement survivre.

Petit point essentiel souligné par Me Eolas :

Et pour ceux qui ne voient dans ceux qui éprouvent un tant soit peu de compassion pour les étrangers que des gauchistes inconséquents, Madame Dominique Versini a été désignée à ce poste en juin 2006 par le président Chirac après avoir fait toute sa carrière politique au RPR.

A lire ici : On ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs (Me Eolas, Journal d'un Avocat, 23/09/2007)

Douce France...

Notes

[1] Petit historique du droit d'asile, qui remontrait au moyen âge, sur Wikipédia : Droit d'asile.