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Réforme des institutions

Le rapport Balladur a été officiellement dévoilé. Il propose 77 actions pour moderniser notre vie politique et nos institutions. Qu'en penser ? Je vais essayer de vous faire part de mes premières impressions, sachant que je ne suis pas un spécialiste du domaine. Je suis donc preneur de tout avis contraire au mien.

Avant de commencer, sachez que Juan nous indique que cette réforme risque d'être repoussée aux calendes grecques. Il nous publie également l'intégralité des propositions. Cela se passe ici : Les 77 propositions de la commission Balladur... reportées aux calendes grecques (Sarkofrance, 29/10/2007). Je me suis d'ailleurs servi de sa liste pour faire ce billet. Merci Juan !

Le président

Les deux premières propositions ne font que clarifier la situation actuellement qui découle d'une synchronisation des élections législatives et présidentielles ainsi que du quinquennat :

1. Rôle du président de la République.
Article 5. "Le président de la République veille au respect de la Constitution. Il assure, par ses arbitrages, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l'Etat. Il est le garant de l'indépendance nationale, de l'intégrité du territoire et du respect des traités. Il définit la politique de la nation."

2. Rôle du gouvernement.
Article. 20. "Le gouvernement détermine et conduit la politique de la nation.Il dispose à cet effet de l'administration et de la force armée. Il est responsable devant le Parlement dans les conditions et suivant les procédures prévues aux articles 49 et 50."

Je me pose cependant une question : que va-t-il se passer si une dissolution du parlement arrivait en cours de mandat ? On perdrait cette synchronisation et il y aurait donc un risque de cohabitation. Ces modifications risqueraient donc d'entraîner un blocage de nos institutions. A moins bien sûr de provoquer une nouvelle dissolution ou que le Président démissionne (heu, j'ai comme un doute là). Bref, pourquoi pas en temps normal, mais qu'est ce que cela va donner si un président nous fait une Villepinade (comprendre une dissolution surprise de l'Assemblée) ?

4. Elections.
Sauf cas de désynchronisation des calendriers, organiser le premier tour des élections législatives le jour du second tour de l'élection présidentielle.

J'applaudis des deux mains cette proposition. On s'est bien rendu compte que des élections législatives quelques semaines après les présidentielles n'intéressent plus grand monde. De plus, voter en fonction du Président élu ne m'apparaît pas forcement comme étant intellectuellement la meilleure chose à faire. Il me parait plus logique de voter selon ses opinions (surtout si comme on va le voir plus loin, une dose de proportionnelle est introduite).

Ceci repose quand même la question d'un résultat aux législatives différent de celui des présidentielles et donc d'une cohabitation. Que deviendrait le point 2 ? Peut être est-ce dans ce but d'un léger décalage est proposé entre les deux élections.

5. Messages du président de la République au Parlement.
Article 18. "Le président de la République peut prendre la parole devant l'une ou l'autre des assemblées du Parlement. Son allocution peut donner lieu à un débat qui n'est suivi d'aucun vote. Hors session, le Parlement est réuni spécialement à cet effet (…)."

J'ai du mal à voir l'intérêt profond, cela me parait être un faux débat. On justifie cette interdiction par la séparation des pouvoirs : le chef de l'exécutif ne vient pas parler au législatif. Le Président a par contre le pouvoir de faire lire une déclaration à l'Assemblée par son Premier Ministre. Il s'agit d'une disposition assez symbolique.
En cas de cohabitation, le chef de l'exécutif n'est plus réellement le Président mais le Premier Ministre, et lui peut parler à l'Assemblée, ce qui est assez contradictoire.

Il convient de noter que cette disposition est apparue au début de la 3è République. Elle avait été mise en place par le parlement car celui-ci craignait le Président Adolphe Thiers. Ne pourrait-on pas dire qu'autoriser M. Sarkozy à venir à la tribune du Parlement lui permettra de venir serrer la vis à sa majorité ? Peut être... Personnellement, je trouve ceci assez secondaire.

6. Président de la République et commissions d'enquête parlementaires.
Article 18. "(…) Le président de la République peut être entendu à sa demande par une commission d'enquête parlementaire."

Très bonne chose ! Peut être alors qu'une commission d'enquête parlementaire pourra même demander à sa femme de venir témoigner... (toute allusion à des faits ayant existés ne serait que purement volontaire ;-) ).

9. Droit de grâce.
Article 17. "Le président de la République a le droit de faire grâce après que le Conseil supérieur de la magistrature ait émis un avis sur la demande."

Est-ce que c'est la fin du droit de grâce du Président donnée à sa guise ? Autant je suis pour ce droit de grâce, autant l'encadrer ne me parait pas non plus trop choquant.

Petite parenthèse qui n'a trop rien à voir avec cette proposition : il convient de noter que tout citoyen est jugé par des magistrats. Un magistrat, dans le cadre de ses fonctions, est quant à lui jugé par le Conseil supérieur de la magistrature, composé à moitié de magistrat, mais aussi et surtout d'hommes politiques (cf. Wikipédia). Il n'y a que les hommes politiques qui sont jugés dans le cadre de leurs fonctions par leur pairs. N'est-ce pas étrange ?

10. Etat d'urgence et état de siège.
Article 36. "L'état de siège et l'état d'urgence sont décrétés en conseil des ministres. Leur prorogation au-delà de douze jours ne peut être autorisée que par la loi. Une loi organique définit ces régimes et précise leurs conditions d'application."

11. Article 16. "(…) Au terme d'un délai de trente jours, le Conseil constitutionnel peut être saisi par 60 députés ou 60 sénateurs aux fins d'apprécier si les conditions fixées au premier alinéa demeurent réunies. Il se prononce par un avis qu'il rend dans les moindres délais. Il procède de lui-même à cet examen après soixante jours d'exercice des pouvoirs exceptionnels et à tout moment au-delà."

Je trouve ça dingue que cela n'était pas fait jusqu'à présent.

12. Révision constitutionnelle.
Article 89. "(…) Lorsque le projet ou la proposition de révision a été voté par les deux Assemblées en termes identiques, la révision est définitive après avoir été approuvée par un référendum organisé dans les six mois par le président de la République (…)."

Est-ce à dire qu'un référendum doit être fait pour toute révision constitutionnelle ? Bizarrement je comprends mieux pourquoi Nicolas Sarkozy veut repousser l'étude des propositions Balladur après l'examen du traité simplifié sur l'Europe : le faire avant risquerait de provoquer un nouveau référendum sur ce traité, ce que ne veut pas le Président. Moi qui trouvais que l'excuse du "Parlement" débordé un peu limite ne tenait pas trop la route, je comprends mieux maintenant !

14. Budget de la présidence de la République.
Prévoir la prise en compte de la totalité des crédits nécessaires à son fonctionnement et instituer un contrôle par la Cour des comptes de leur utilisation comme pour les autres pouvoirs publics constitutionnels.

Comme tout à l'heure, je trouve que c'est quand même impressionnant que cela n'existe pas depuis longtemps...

15. Sélection des candidats à l'élection présidentielle.
Substituer au système actuel de parrainage une présélection des candidats par un collège de 100 000 élus.

Eternel débat. Le système actuel me paraissait bien : M. Le Pen a toujours du mal à réunir ses signatures ? Et alors ? Il nous a prouvé en 2002 qu'il n'avait aucune chance d'être élu (il n'a eu que 20% des suffrages contre 80% pour Chirac). En quoi cela serait antidémocratique qu'il ne puisse pas se présenter puisque de toute manière il a zéro chance de gagner ?

Idem pour les petits candidats : on a eu droit au décompte presque à la minute près des signatures de José Bové. Tout ça pour qu'il finisse par un score ridicule de 1,37 %. Aurait il réellement été anti démocratique qu'il ne puisse pas se présenter ? Je ne le pense pas.

17. Retour des anciens ministres au Parlement.
Permettre aux ministres de retrouver leur siège lorsqu'ils cessent d'exercer leurs fonctions gouvernementales.

Cela ne ferait que clarifier la situation actuelle des chaises musicales entre ministres et suppléants.

18. Cumul des mandats pour les ministres.
Interdire tout cumul entre une fonction ministérielle et un mandat électif.

Il conviendrait même de généraliser cette disposition à tout mandat électif : interdisons tout cumul ! On a déjà vu des élus à la fois député, maire et conseiller général. Est-ce bien sérieux ?
Une autre proposition revient là dessus plus loin.

Le Parlement

19. Ordre du jour. Donner à la conférence des présidents de chaque assemblée parlementaire le pouvoir de fixer son ordre du jour.

20. Limiter à la moitié du temps de séance (contre la totalité aujourd'hui) la faculté pour le gouvernement d'imposer l'examen de textes ou débats préparés ou acceptés par lui.

" (...)Une semaine de séance sur quatre est réservée à la discussion des projets et propositions de loi. Un jour de séance est réservé par priorité à l'ordre du jour fixé par les groupes parlementaires qui n'ont pas déclaré appartenir à la majorité qui soutient le gouvernement (...)."

Ha ! La voilà pour moi LA grande réforme ! Cela ne paye pas de mine comme ça, mais c'est pour moi le B-A-BA de la démocratie ! Actuellement, c'est le gouvernement qui fixe l'ordre du jour du Parlement. Donc bizarrement, c'est les textes proposés par le Gouvernement qui passent en priorité dans le calendrier, et tant pis si on n'a pas le temps d'examiner les textes des parlementaires. Ces toutes petites dispositions seraient un vrai progrès pour notre démocratie.

23.Article 49-3.
Limiter la portée de l'article 49-3 aux seules lois de finances et de financement de la Sécurité sociale.

24. Procédure d'urgence.
Permettre aux Assemblées, par un veto conjoint, de s'opposer à l'usage de la procédure d'urgence.

Qui pourrait être contre ceci dans une démocratie ?

25. Préparation des projets de loi.
Imposer des études d'impact préalables au dépôt des projets de lois, avec une procédure spéciale de contrôle par le Conseil constitutionnel.

Est-ce que cela voudrait dire qu'on va maintenant réfléchir avant de faire une n-ième loi sur un thème donné sans même se poser la question de savoir si les lois précédentes sont appliquées ?

27. Rendre publics les avis du Conseil d'Etat sur les projets de loi.

J'ignorais que cela ne l'était pas. Un grand oui donc !

31. Encadrement du pouvoir d'amendement du gouvernement.
Article 44. "(...) Le gouvernement ne peut introduire, par amendement à un projet de loi, de disposition nouvelle autre que celles qui sont en relation directe avec une des dispositions du texte en discussion ou dont l'adoption est soit justifiée par des exigences de caractère constitutionnel soit nécessitée par la coordination avec d'autres textes en cours d'examen au Parlement. Ces dispositions ne s'appliquent pas aux projets de loi de finances ou de financement de la Sécurité sociale."

Cela évitera peut être de voir des choses hallucinantes comme la discutions de brevet informatique lors de la discussion d'une loi sur l'agriculture[1].

32. Droit d'amendement parlementaire.
Article 40. "Les propositions et amendements formulés par les membres du Parlement ne sont pas recevables lorsque leur adoption aurait pour conséquence soit une diminution des ressources publiques, soit [la création ou] une aggravation des charges publiques."

Là, j'ai un peu plus de mal : on rend caduque tout amendement qui va toucher au budget (je suppose que cela n'est bien sûr pas valable pour le vote sur le budget). D'accord, cela permet de se tenir au budget prévu, mais est-ce qu'on ne supprime pas par là un pouvoir énorme au Parlement ?

Sautons directement au 36 car les propositions 33 à 36 me paraissent assez naturelles (allez voir sur le site Juan pour en avoir les détails)

37. Textes soumis au débat en séance publique.
Discuter en séance publique sur le texte issu des travaux de la commission, et non plus sur le projet du gouvernement.

J'ignorais ce point avant ce week-end : jusqu'à présent, les députés partaient toujours du projet du gouvernement pour y faire leurs amendements, et non pas du projet modifié par les commissions du Parlement. Cette disposition me parait tout à fait logique et bienvenue !

39. Transparence des travaux des commissions.
Article 33. "(…) Les auditions auxquelles procèdent les commissions instituées au sein de chaque assemblée sont publiques, sauf si celles-ci en décident autrement."

Dommage que certaines puissent encore être à huit clos...

Les dispositions suivantes donnent un peu plus de pouvoir au Parlement :

41. Rôle du Parlement en matière de contrôle.
Inscrire dans la Constitution la mission de contrôle et d'évaluation des politiques publiques dévolue au Parlement en plus du vote de la loi.

42. Contrôle : les moyens du Parlement.
Prévoir que la Cour des comptes assiste les assemblées parlementaires dans leur mission de contrôle et d'évaluation.

43. Créer au sein de chaque assemblée un comité d'audit parlementaire (…) chargé d'organiser les activités de contrôle.

44. Questions au gouvernement : extension des droits de l'opposition.
Accorder un temps de parole équivalent à l'opposition et à la majorité dans les séances de question au gouvernement.

45. Questions au gouvernement : extension des droits du Parlement.
Prévoir l'organisation de plein droit de séances de questions au gouvernement pendant les sessions extraordinaires.

46. Contrôle de l'exécution des lois en y associant l'opposition.
Instituer dans les commissions permanentes des équipes de contrôle de l'exécution des lois, composées d'un parlementaire de la majorité et d'un parlementaire de l'opposition.

47. Contrôle de l'exécution des lois : le rôle des contrôleurs juridiques des ministères.
Permettre aux contrôleurs juridiques institués dans les ministères (cf. proposition nº26) de faire rapport aux commissions parlementaires sur l'exécution des lois.

Le Parlement va regarder si ses lois sont utiles ou non ? Cela ne peut être qu'une bonne chose ! Enfin, si c'est réellement fait...

48. Le droit de résolution.
Permettre à chacune des assemblées de voter des résolutions dans tous les domaines (politique intérieure, extérieure et européenne).

C'est quand même la moindre des choses quand le Parlement est censé représenter le peuple.

49. Europe : organisation du Parlement pour suivre les affaires européennes.
Constituer au sein de chaque assemblée un comité des affaires européennes chargé notamment d'un contrôle du principe de subsidiarité.

Si cela peut éviter le fameux "c'est pas nous, c'est l'Europe" entamé par des hommes politiques alors que c'est les mêmes qui valident les décisions au niveau européen, pourquoi pas...

50. Europe : élargissement.
Aligner la procédure applicable à la ratification des traités d'élargissement de l'Union européenne sur celle qui régit les révisions de la Constitution à l'article 89.

Il faudrait donc un vote des deux chambres (Sénat et Assemblé) puis un référendum.
Personnellement, j'ai un peu de mal sur l'idée de faire un référendum pour chaque élargissement de l'Europe. On dirait qu'il s'agit d'une disposition prise uniquement pour bloquer l'entrée de la Turquie en Europe car on compte sur le racisme et la peur de l'autre du français[2]. Ceci dit, l'Europe semble tout doucement atteindre une taille critique, donc est-ce que cela aura vraiment de gros impacts ? Je ne sais pas.

51. Europe : contrôle des actes européens.
Etendre l'obligation de transmission au Parlement à l'ensemble des documents, projets et actes émanant d'une institution de l'Union Européenne.

52. Europe : transposition des directives.
Utiliser les nouvelles procédures d'examen simplifié.

Si seulement cela pouvait éviter au Parlement de dénaturer un texte en lui ajoutant tout et n'importe quoi[3]... Mais je n'y crois pas du tout.

53. Politique étrangère et de défense.
Informer sans délai le Parlement de toutes opérations militaires hors du territoire national et soumettre à autorisation législative la prolongation de ces interventions au-delà d'une durée de trois mois.

Et oui, jusqu'à présent, on ne faisait qu'informer le Parlement, et encore !

54. Politique étrangère.
Tenir informées les instances parlementaires compétentes des négociations diplomatiques.

Idem

55. Politique de défense.
Porter à la connaissance des commissions compétentes les accords de défense.

Bis repetita

56. Disponibilité des parlementaires.
Interdire tout cumul entre un mandat parlementaire et une fonction exécutive locale.

Bien ! Mais pourquoi ne pas être plus radical et interdire purement et simplement tout cumul de mandats ?

57. Droits de l'opposition et commissions d'enquête.
Systématiser la pratique : un parlementaire de l'opposition rapporteur ou président de chaque commission d'enquête.

58. Donner à chaque groupe parlementaire le droit de demander la création d'une commission d'enquête par an.

59. Reconnaissance de la place de l'opposition.
Mieux représenter l'opposition dans les manifestations officielles.

60. Droits de l'opposition.
Permettre l'octroi de garanties particulières aux partis, groupements politiques et groupes parlementaires qui ne sont pas dans la majorité, en levant l'obstacle opposé par la jurisprudence constitutionnelle.

Je ne sais pas de quoi il s'agit. Quelqu'un pour m'éclairer ?

61. Elaborer une charte des droits de l'opposition recensant l'ensemble des droits de l'opposition et garantissant les bonnes pratiques d'une démocratie parlementaire.

Encore un texte qui ne servira à rien...

Les citoyens

62. Représentation des courants d'opinion à l'Assemblée nationale.Introduire une part de proportionnelle pour l'élection des députés (vingt à trente sièges) pour assurer la représentation des formations politiques minoritaires.

Comment être contre ? Certains membres de la majorité s'inquiète de ceci (cf. Le rapport Balladur fait grogner les élus UMP (Le Figaro)). Je ne comprends pas trop pourquoi car 30 députés en plus ne vont pas faire changer le rapport de force de l'Assemblée, surtout que parmi ces 30, ils en auront une part de leur parti politique.

63. Actualisation du collège pour l'élection des sénateurs. Mieux tenir compte de la démographie dans la composition du collège électoral sénatorial.

64. Egalité du suffrage.
Instaurer une procédure impartiale de redécoupage périodique (tous les dix ans) des circonscriptions électorales pour tenir compte des évolutions démographiques.

Indispensable. Cela aurait déjà du être fait. Rappeler vos qu'une voix d'un habitant de la Creuze compte beaucoup plus que celle d'un habitant de Paris. (cf. Les élections législatives inconstitutionnelles ? et Retour sur le découpage législatif).

65. Conseil économique et social.
Reconnaître au Conseil économique et social un pouvoir consultatif en matière environnementale.

66. Moderniser la composition du Conseil économique et social.

67. Droit d'initiative populaire.
Article 11. "(…) Un référendum portant sur un objet mentionné au premier alinéa du présent article peut être organisé à l'initiative d'un cinquième des membres du Parlement soutenue par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales. La proposition des parlementaires est transmise au Conseil constitutionnel qui, après déclaration de sa conformité à la Constitution, organise la collecte des pétitions des électeurs et, après vérification de leur nombre et de leur validité, les transmet au Parlement. Si la proposition n'a pas été examinée par les deux assemblées parlementaires dans le délai d'un an, le président de la République soumet la proposition au référendum."

J'ai un peu du mal à voir comment on arrivera à réunir la signature de 1/10ème des électeurs inscrits (soit 4,45 millions de français !). Mais bon, pourquoi pas.

68. Procédure de révision de la Constitution.
Permettre à l'article 89 qu'en cas de refus de révision constitutionnelle par l'une des deux assemblées tandis que l'autre a adopté le texte à la majorité des trois-cinquièmes, il soit organisé un référendum de telle sorte que le peuple souverain soit appelé à trancher.

Si cela peut éviter les risques de blocage si les deux chambres ne sont pas de la même couleur politique (cas classique lorsque la gauche a la majorité à l'Assemblée)...

69. Justice : présidence du Conseil supérieur de la magistrature.
Mettre fin à la présidence du CSM par le président de la République et lui substituer dans cette fonction une personnalité indépendante.

70. Justice : composition du CSM.
Elargir la composition et ne plus faire du garde des sceaux un membre de droit.

71. Justice : attributions du CSM.
Lui reconnaître une compétence consultative pour la nomination des procureurs généraux (et non plus seulement, s'agissant du parquet, pour les procureurs de la République et substituts).

72. Justice : saisine du CSM par les justiciables.
Permettre aux justiciables de saisir le CSM à titre disciplinaire.

Tient, voudrait-on séparer les pouvoirs politique et judiciaire ? C'est un petit début, mais c'est un début quand même !

73. Stabilité du droit.
Interdire les lois rétroactives hors motif déterminant d'intérêt général.

Bizarre, cela me fait penser aux billets "Honte encore sur l'assemblée nationale" et "Apostille à "honte sur l'assemblée nationale"" de Me Eolas.

74. Droits fondamentaux et contrôle de constitutionnalité.
Article 61. "Le Conseil constitutionnel peut, à l'occasion d'une instance en cours devant une juridiction, être saisi par voie d'exception aux fins d'apprécier la conformité d'une loi aux libertés et droits fondamentaux reconnus par la Constitution. Le Conseil constitutionnel est, à la demande du justiciable, saisi dans les conditions fixées par une loi organique sur renvoi du Conseil d'Etat, de la Cour de cassation, des juridictions qui leur sont subordonnées ou de toute autre juridiction ne relevant ni de l'un ni de l'autre."

Et oui, en France, personne ne pouvait contester une loi si on la jugeait inconstitutionnelle ! Cela n'était possible que par les parlementaires lors de l'examen de la dite loi, plus après. Hallucinant pour un pays qui se veut une démocratie, non ?

75. Composition du Conseil constitutionnel.
Appliquer à toutes les nominations au Conseil constitutionnel la procédure d'encadrement du pouvoir de nomination (…); tirer les conséquences de la juridictionnalisation des missions du Conseil constitutionnel en prévoyant pour l'avenir que les futurs anciens présidents de la République n'en seront pas membres de droit.

76. Droits fondamentaux.
Instituer un défenseur des droits fondamentaux reprenant tout ou partie des attributions du médiateur de la République, du défenseur des enfants, du contrôleur général des lieux de privation de liberté, de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde) et de la Commission nationale informatique et libertés (CNIL) et habilité à saisir le Conseil constitutionnel; permettre à toute personne de saisir directement le défenseur des droits fondamentaux.

77. Pluralisme.
Créer dans la Constitution un Conseil du pluralisme reprenant notamment les attributions du Conseil supérieur de l'audiovisuel et de la Commission des sondages.

Vous l'aurez compris au vu des mes commentaires, je suis plutôt positif vis à vis de ces propositions. Certes, il y a encore du chemin à faire pour que le Parlement ai un réel pouvoir de contrôle sur le gouvernement. Mais après tout, on est dans un système qui est volontairement présidentiel.

Je ne comprends pas trop les réactions du PS. On y entend d'ailleurs des sons de cloche divergeant :

Au PS, les réactions paraissent contradictoires : selon Hollande, les socialistes ne pourraient pas voter « une réforme qui s'en tiendrait aux propositions du comité Balladur », jugeant qu'elles renforcent le chef de l'État et sont trop timides pour ce qui est du rôle du Parlement. Opinion qui n'est certes pas partagée par André Vallini, secrétaire national du PS chargé des institutions, selon qui un certain nombre des propositions du comité Balladur sont « des propositions socialistes » et peuvent donc « faire consensus ».

Le rapport Balladur fait grogner les élus UMP (Le Figaro, 29/10/2007)

Qu'on y renforce les pouvoirs du Président, c'est un fait. Mais cela est surtout au détriment du Premier Ministre. J'ai donc un peu du mal pour comprendre ces critiques socialistes. Personnellement, je trouve que ce rapport apporte quelques choses utiles, donc pourquoi être contre ? A moins que je n'ai pas vu le loup qui se cache derrière un des articles, ce qui est tout à fait possible.

Le Monde nous apprend que "es gardiens du temple du gaullisme font aussi de la résistance. Des voix s'élèvent ainsi à l'UMP contre toute dose de proportionnelle aux législatives et l'interdiction du cumul des mandats, également proposée par le comité Balladur." (La réforme des institutions, un chantier à risque pour Sarkozy (Le Monde, 29/10/2007)), ce qui m'apparaît comme étant la posture de personnes voulant conserver leurs acquis. Etonnant de la part de gens qui critiquent l'immobilisme des cheminots ! :)

Notes

[1] Cas véridique vu au niveau européen.

[2] Personnellement, je suis contre l'entrée de la Turquie en Europe. Plus pour des raisons de frontières (la Turquie est pour moi plus au moyen orient qu'en Europe) et de difficultés géopolitiques. Mais j'avoue que ma position n'est pas forcement complètement tranchée. Il s'agit d'un autre débat.

[3] Il convient pour être honnête de noter que parfois le Parlement français apporte un réel plus aux travaux de la Commission ou du Parlement européen. Mettre en avant le travail européen encouragera peut être les français à s'intéresser un peu à l'Europe.

 
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Commentaires
1.   skalpa  ›  lundi 29 octobre 2007 à 19:12

La meilleure est quand même l'augmentation du président, c'est pour ça qu'il est hyperactif le s..., c'est juste pour justifier son augmentation de salaire....

 
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