Les députés français ont adopté mardi 30 octobre 2007 un amendement au projet de budget 2008 prévoyant de porter le salaire du président de la République de 8 400 à 19 000 euros bruts mensuels.

Le motif de cette augmentation est l'alignement de son salaire sur celui du premier ministre et de ceux des chefs d'états Européens qui gagnent le plus Angela Merkel, la chancelière allemande, gagnerait plus de 20 000 euros brut par mois (y compris les primes et les frais), comme Bertie Ahern Taoiseach (chef du gouvernement, Irlande). Romano Prodi (Président du conseil, Italie) toucherait plus de 18000 euros.

Un autre amendement double le budget de l'Elysée, initialement fixé à 32,292 millions d'euros dans le projet de budget 2008, pour le porter à 68,5 millions d'euros. Cet argent va permettre de rémunérer les 1 000 personnes qui travaillent pour l'élysée. La plupart dépendaient jusqu'à présent du budget de leur administration d'origine. L'Elysée doit aussi pouvoir financer ses propres dépenses de fonctionnement, à commencer par les déplacements du chef de l'Etat jusqu'alors pris en charge par les ministères régaliens (défense, affaires étrangères, intérieur...). Les deux amendements ont été adoptés à la quasi-unanimité des présents, le groupe de la gauche démocrate et républicaine étant absent du débat.

Lors de sa visite en Corse, Nicolas Sarkozy a affirmé qu'il voulait que le salaire du président "soit fixé comme pour les ministres, par la loi, en toute transparence", et non par lui-même. "Jusqu'à présent, le président de la République cumulait son salaire et sa retraite. Moi je ne veux pas de ça. Je veux que les Français sachent." Le chef de l'Etat a également indiqué qu'il voulait un "contrôle de l'Elysée" par la Cour des comptes.

Le principe de transparence est louable mais Sarkozy n'a pas précisé aux Français que le président n'a pas de loyer à payer sauf s'il conserve un logement privé.
En plus du Palais de l'Elysée, situé dans la VIIIème arrondissement de Paris où le président de la République a sa résidence principale, le chef de l'Etat possède également plusieurs résidences secondaires où il peut passer week-end et vacances, ou recevoir des invités. Il s'agit de Marigny, Souzy-la-Briche, le fort de Brégançon et le chateau de Rambouillet. Ce dernier a été échangé par Nicolas Sarkozy avec François Fillon contre le pavillon de la Lanterne qui est habituellement la résidence secondaire des premiers ministres.
Son transport, ses voyages lui sont gracieusement offerts : ni carte orange ni abonnement SNCF et encore moins de billets d'avion à sa charge. Le président n'a pas non plus de souci à avoir concernant le prix des carburants, il possède plusieurs voitures de fonction avec chauffeurs et plusieurs avions : 2 A319 CJ, 2 Falcon 900 et 4 Falcon 50.
Ses frais de bouche sont pris en charge par l'Etat. Le président de la République a du personnel de cuisine à son service pour assurer les réceptions et ses repas personnels. Les proches de Nicolas Sarkozy aiment préciser que "Nicolas ne boit rien et ne mange presque rien. Si on lui comptait des frais de bouche, ça se résumerait à un fromage blanc par semaine !".

Contrairement au citoyen lambda qui connaît les frais fixes, les factures qui tombent tous les mois et les impôts à payer. Mais pour le président de la République, rien de tout cela. Il est lavé, nourri, blanchi aux frais de l'Elysée.
Il faut également savoir qu'après 5 ans de travail, le président de la République est assuré d'une pension à vie qui s'élevait en 2005 à 63.000 euros par an (5.250 euros par mois).

A gauche, les députés s'indignaient de ces mesures, jugées "scandaleuses quand les Français n'arrivent pas à joindre les deux bouts". "On a le sentiment que la classe politique se sert elle-même pendant que les Français sont au bord du trottoir, abandonnés à eux-mêmes", a déclaré le socialiste Arnaud Montebourg. La moitié des Français gagne moins de 1500 euros par mois, selon les statistiques.

Après, on ira nous dire que la France est endettée, que tout le monde doit faire des efforts pour redresser les finances de l'Etat, car pour reprendre les termes de notre cher premier ministre, "la France est un pays en faillite..."

Roy


Ceci est le premier billet d'un rédacteur extérieur à notre site web. Merci Roy ! Espérons qu'il nous en fournissent de nombreux autres. N'hésitez pas vous aussi !

Je profite également de ce billet pour vous inviter à aller lire cet article qui nous explique que contrairement au Président Français, les chefs d'états d'autres pays ont beaucoup plus de frais : "M Sarkozy Courage : pour votre salaire, faites comme M Bush (Désir Républicain, 30/10/2007)"

Damien B